Sinatra chantait sous la pluie, moi j’ai couru sous la pluie.

Avec quelques jours de retard, l’automne a fait une entrée triomphale dans notre quotidien. Ce jeudi 10 octobre 2013 a été hydrométriquement riche. Ses abondantes précipitations m’ont donné l’occasion de goûter à un luxe qui ne m’avait plus été offert depuis un bon moment : courir sous la pluie.

N’ayant pas couru depuis le début de semaine et ayant été honoré de quatre belles averses tout au long de la journée, je n’avais pas d’excuses pour revêtir mon accoutrement de coureur à pied.

Avant de partir, j'ai hésité à prendre un parapluie © G.Bernardinù

Avant de partir, j’ai hésité à prendre un parapluie
© G.Bernardinù

A peine de retour à mon domicile, j’ai enfilé mon cuissard, un premier t-shirt à manches longues, un second à manches courtes, mon K-way rouge (le même que Dany Boon) ma chasuble haute visibilité. J’aime ces moments-là. Ce sont toujours les mêmes gestes. D’abord la jambe gauche toujours, chaussettes – chaussures … puis la jambe droite … puis une gorgée de Volvic toujours (Big à toi mon Zizou) !

La pluie, c’est comme la piscine ou la mer, le plus dur est de se mouiller.

Une fois dehors, le plus dur est fait. La pluie incessante, la nuit tombée, la lumière aléatoire de certains lampadaires et les phares mal réglées des voitures vont vite faire de cette escapade sportive un moment de poésie.

Le long du boulevard, les automobilistes ont décider de se lâcher faisant fi des conditions météorologiques et des règles du code de la route. Les roues de ces bolides, souvent trop rapides, viennent frôler le macadam détrempé. Laissant derrière elles, un cortège de gouttes et de filets d’eau se tortillant comme de jeunes adolescentes éméchées pour leur première sortie en discothèque.

Une fois passé ce voie de circulation fréquenté, je m’engouffre dans des ruelles mal éclairées. Des trombes d’eau continuent à s’abattre sur la ville. De jolies flaques commencent à envahir trottoirs et chaussées. Les pieds trempés, les choses sérieuses peuvent commencer. Quitte à être mouillé, autant y aller de bon cœur. Comme un gamin, je viens outrageusement claquer mes foulées dans chacune de ces piscines de voirie … et j’y prends un vrai plaisir.

Visiblement la pluie redonne une âme d’enfant puisque, peu après, j’ai évité de justesse les blagues aquatiques de deux automobilistes. Se rapprochant exagérément du caniveau, ils essaieront en vain de me gratifier d’une belle gerbe d’eau. C’est rageant, mais à leur place, j’aurai peut être eu la même attitude. La tentation aurait été, à la hauteur des précipitations, … forte !

Dans les pentes, les eaux abondantes caressent la chaussée. Rampant jusqu’aux bouches d’égouts, elles forment de jolis cascades. La lumière faible des lampadaires lui donne de jolis reflets jaunes et bleus.

La parenthèse inattendue

De poésie, il n’était plus question à proximité d’un des quelques passages piétons parsemés sur mon parcours. Apercevant une voiture arrivait à vive allure, j’ai décidé de stopper mon avancée. Me contentant de trottiner sur place, j’ai attendu l’arrêt du véhicule pour poursuivre. Le temps de faire un petit signe de politesse au conducteur, celui-ci s’est fait gentiment emboutir par un second véhicule.

Rien que de l’eau, de l’eau de pluie, de l’eau de là-haut

Laissant les deux automobilistes constater les dégâts, j’ai repris ma course poétique bien trempé. Le parcours initialement prévu (5kms) touchant à sa fin, mes pieds n’ont pas su résister à l’appel de ces flaques désireuses de se faire fouetter podologiquement. Ni une, ni deux, j’ai pris la décision de continuer. Le plaisir était trop grand.

A moi, les chemins de halage plongés dans le noir, les petites ruelles sombres menant à des champs, les lourdes gouttes glissant des feuilles des arbres et venant s’échouer sur ma capuche, le joli spectacle offert par les ruissellements des eaux dans les pentes et les regards médusés des mangeurs de nems s’interrogeant sur mes motivations.

L’heure tourne. Le beffroi de l’Hôtel de Ville vient d’annoncer 20H30. Il est temps de rentrer après 10 bons kilomètres. Une fois, mes bassines pédestres ôtées et fourrées de papier journal, mon accoutrement mis en machine, j’ai pu me délecter d’une bonne douche (encore une!).

Bordel, j’ai kiffé courir sous la pluie !

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8 réflexions sur “Sinatra chantait sous la pluie, moi j’ai couru sous la pluie.

  1. … à prendre une saucée… mon rêve le plus fou c’est de sortir avec une savonnette et de rentrer ensuite pour me rincer sous la douche et me sécher, quel gain de temps dans une journée ! Bien sûr s’il pleut au bon moment… 😆

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    • C’est à faire. Bon après, il faut connaitre des passages pas trop fréquentées, parce quand on s’approche des voies de circulation, ça devient galère. Les voitures roulent n’importe comment !

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  2. C’est vrai qu’à lire ton billet et j’ai entrevu la féérie une fraction de seconde. Puis bêtement j’ai pensé au marathon couru intégralement sous la pluie, le rideau est retombé, la magie a disparu. 🙂

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    • Complétement d’accord, la pluie c’est bien pour l’entrainement plaisir. J’ai également un très mauvais souvenir d’un semi couru sous la pluie. Le plus dur a été de finir les 5 derniers kms tout en étant blessé au genou.

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