Route du Louvre : au début, c’était bon, après c’était long !

Il y a maintenant deux ans, en franchissant une ligne d’arrivée installée aux pieds des terrils jumeaux à Loos-en-Gohelle, je bouclais alors mon premier marathon. Plus de 700 jours ont passés, et me revoilà de nouveau en train de franchir une ligne d’arrivée sur le même site. J’ai désormais cinq marathons dans les guiboles. Retour sur cette Route du Louvre 2015

Courir pour la bonne cause

Coureurs ou supporters, les pompiers présents sur le parcours pour l'ODP

Coureurs ou supporters, les pompiers présents sur le parcours pour l’ODP

9h45, un dimanche de mai, la raison de ma présence sur cette 10ème édition de la Route du Louvre est simple : courir pour la bonne cause. C’est donc vêtu d’une tunique bleue aux couleurs de l’Oeuvre des Pupilles et Orphelins de Sapeurs-Pompiers (que je vous invite également à soutenir en cliquant ICI) que je réalisais quelques étirements d’avant-course, prêt à en découdre.

Comme souvent, le public lillois n’a pas daigné venir encourager les quelques 3000 sportifs ayant décidé de se taper 42 bornes . Mais nous, ne referons pas le monde et encore moins l’attrait du citoyen lillois pour l’effort sportif … Bref, le temps de divaguer sur ces quelques préoccupations sans importance et nous voilà déjà au KM5, endroit précis où un gentil supporter nous gratifia d’un « C’est bientôt la fin ». Non, monsieur, ce n’est pas encore la fin, ce n’est que le début, le début d’une aventure féérique qui te ménera à Emmerin, Houplin-Ancoisnes, Don, Bauvin, Wingles, Hulluch …

Un parcours qui envoie du rêve

Cours, cours, coureur

Cours, cours, coureur

Oui mon petit bonhomme, ça vend du rêve … Les routes macadamisées, les chemins de halage, les ronds-points, les lignes droites à travers champs te permettent de découvrir les richesses de ta région. Et que dire des petites vieilles accoudées à leur fenêtre, des groupes de musique qui n’ont pas tous saisi la notion de justesse, des géants si chers à nos traditions, des gamins qui tendent les mains, des enfants qui ont confectionné de jolies banderoles, des automobilistes bloquées à un coin de rue et ravis de devoir attendre alors que « bordel, y’a Téléfoot qui va commencer », des invités se tapant deux bornes à pied car la route est bloquée alors que « bordel Maurice, y’avait une place juste devant » !

Et les kilomètres défilent. Les regards succincts sur le chronomètre se font de plus en plus fréquents… pour vérifier son allure, pour se rassurer. Le semi est désormais effectué. Je me satisfais d’être toujours en mesure de passer sous les 4 heures (objectif personnel).

Une petite pause pipi s’impose. Les litres d’eau bus doivent bien être évacués à un moment. Les petites douleurs vont et viennent presque aussi vite (ah la psychologie). 24,25 … 27 … 29 km, on va bientôt rentrer le dur. Et ce n’est pas le ravitaillement du KM 30 qui pourra y échanger quelque chose. Il faudra se contenter d’un sucre. Pas le choix, y’a plus rien à se mettre sous la dent : gourmandise de mes concurrents ou sous-estimation des besoins par les organisateurs ?

Des géants pour de beaux exploits

Des géants pour de beaux exploits

Continuer encore, 31, 32, 33 km. Le meneur d’allure des 4 heures a la bonne idée de me doubler, je m’accroche un peu, beaucoup, à la folie, passionnément, … et surtout pas du tout ! Un premier coup de bambou. Les panneaux indiquant la distance parcourue se succèdent, tous ornés d’une œuvre exposé au Musée du Louvre. La culture a rendez-vous avec le sport et moi avec la lassitude. 34, 35 km … Je repense à ce supporter menteur qui me promettait une fin proche 27 km plus tôt. Je me demander ce qui m’a encore poussé à nous lancer dans une telle aventure. J’aurai la réponse à cette question quelques dizaines de minutes plus tard : une médaille, un coupe-vent jaune fluo, quelques ridicules coups de soleils et la fierté de se dire « Je l’ai fait » !

Plus d’envie, plus de courage

Et puis, la vision des terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle ont fini par m’achever. Coup de blues mental, coup de blues physique … Mais il me faut trouver la force pour continuer, on ne va pas lâcher si près du but. Les chants de supporters en bord de route me redonnent le sourire et un peu d’énergie. Comme ça fait du bien de les entendre reprendre en choeur : « Allez allez ah oh, allez allez ah oh, nous sommes les lensois, toujours on chantera, jamais on lâchera ». Je leur demande de continuer en chantant avec eux. Ça change les idées. Mais vite, la blase attitude revient. Les chaussures sont beaucoup plus lourdes à lever quand pieds et chaussettes doivent y faire un peu de place au moral. Et puis voilà, cette fameuse montée vers la ligne d’arrivée, près d’un bon kilomètre. Le public en bord de route est étrangement éteint. Mais bon, m’y voilà, j’en vois enfin le bout de ce p….n de 42,195.

Une breloque acquise dans la douleur

Une breloque acquise dans la douleur

La vidéo postée sur le site de France3 a confirmé mes vagues souvenirs de l’arrivée. Même pas un ouf de soulagement, un zeste d’émotion, encore moins de bras levés (enfin si quelques dizaines de mètres avant pour faire style devant le photographe) … C’est las que j’ai fini mon cinquième marathon …

La malédiction du 4h13

En plein Festival de Cannes, « la malédiction du 4h13 » aurait pu être le titre d’un film vietnamien en lice pour la palme d’or. Mais non, la malédiction du 4h13 est une référence chronométrique à mes performances marathoniennes. Pour la troisième fois en cinq marathons, ce dimanche 17 mai 2015, alors que 14h allait retentir, je bouclais en effet ma deuxième Route du Louvre (peut-être la dernière) … en 4 heures et 13 minutes ! Et si je fais la moyenne des deux autres marathons ( Barcelone 2015 et Route du Louvre 2013) dérogeant à la règle, j’arrive encore sur ce maudit 4 h 13 !

Pourquoi 4h13 ? Pourquoi ce temps revient de manière récurrente dans mes performances marathoniennes ? Dois-je aller consulter un psychologue ? Dois-je me faire marabouter ? Dois-je changer de sport ? 

Je vous laisse, je m’en vais réfléchir à toutes ces questions qui m’interrogeront sans doute jusqu’à ma prochaine expérience marathonienne … Adieu Route du Louvre !!!

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Une réflexion sur “Route du Louvre : au début, c’était bon, après c’était long !

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